Mathias Enard : "Parle-leur de batailles, de rois, d'éléphants"

Publié le 10 Janvier 2011

Mathias Enard livre avec ce dernier roman une histoire semi précicieuse, semi brute. Inscrite dans l'Histoire de Constantinople, c'est tout l'Orient qui transpire de ses parfums et de ses traditions dans ce roman. L'auteur a été reconnu par le "Goncourt des lycéens" pour cet opus.

En fait, j'ai lu ce roman il y a quelques semaines déjà, mais je n'arrive plus à écrire ce que j'ai ressenti à la lecture, c'est comme une pépite qu'on garde précieusement. Cette petite pépite a raisonné en moi d'une façon si particulière qu'il raisonnera différement pour vous. Alors pour vous donnez l'envie d'ouvrir le monde recréé par Mathias Enard, voici quelques citations relevées avec soin. Laissez-vous surprendre!

 

"J'ai aimé ta façon de m'observer, quand je chantais. La précision de tes yeux, la délicatesse de leur convoitise. Et maintenant quoi? As -tu peur, étranger? C'est moi qui devrais avoir peur. Je ne suis qu'une voix dans l'obscurité, je disparaîtrai avec l'aube."  p.29

 

"Cyprès lorsqu'il est debout, c'est un saule quand, penché sur le buveur, l'échanson incline le récipent d'où jaillit le liquide noir aux reflets rouges dans la lueur des lampes, des saphirs qui jouent aux rubis."  p.47

 

"On les conquiert en leur parlant de batailles, de rois, d'éléphants et d'êtres merveilleux; en leur racontant le bonheur qu'il y aura au-delà de la mort, la lumière vive qui a présidé à leur naissance, les anges qui leur tournent autour, les démons qui les menacent, et l'amour, l'amour, cette promesse d'oubli et de satieté. Parle-leur de tout ça, et ils t'aimeront, ils feront de toi l'egal d'un dieu." p.66

 

"Vous ajouterez de la beauté au monde, dit Mesihi. Il n'y a rien de plus majestueux d'un pont. Jamais aucun poème n'aura cette force, ni aucune histoire. Quand on parlera de Constantinople, on mentionnera Sainte-Sophie, la mosquée de Bayazid et votre ouvrage, Maestro. Rien d'autre. Flatté et ému, Michelangelo sourit en observant les fanaux guider les barques dans leur danse sur les flots noirs."  p.85

 

"Michel-Ange ne parlera pas de cette nuit dans le calme de la chambre au-delà des eaux douces de la Corne d'Or, ni à Mesihi, ni à Arslan, encore moin à ses frères ou, plus tard, aux quelques amours qu'on lui connait; il garde ce souvenir quelque part dans sa peinture et dans le secret de sa poésie: ses sonnets sont la seule trace incertaine de ce qui a disparu à jamais."  p.99

 

Enorme coup de coeur pour ce roman!

 

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Rédigé par Asfodèle

Publié dans #roman français

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P
<br /> <br /> J'ai beaucoup aimé ce livre et tes citations me le remettent en tête. Quel plaisir!<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> pour moi aussi ce fut un coup de coeur.<br /> <br /> <br /> <br />
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A
<br /> <br /> Bientot sur ce blog, je lirais un extrait!<br /> <br /> <br /> <br />